A Scabal initiative to promote a tailor-made lifestyle

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LA CONFIANCE EN NOTRE PERSONNEL

LE CONTRÔLE DE LA QUALITÉ

La création de tissus et de vêtements sur mesure est un processus complexe et minutieux – au siège de Scabal, nous avons rencontré cinq collaborateurs qui jouent un rôle de premier plan dans le contrôle de la qualité.

À partir du haut, de gauche à droite : Lino Fanello, Danny Terrijn, Nora Kraëmer, Nadia Droyers et Roxane Van Maldegem

« Sans notre attachement aux matériaux, méthodes de contrôle et techniques de production de la meilleure qualité, Scabal ne serait pas en mesure d’offrir à ses clients le savoir-faire et la finition qui l’ont hissée au rang de leader sur le marché des tissus raffinés et des vêtements personnalisés. » Par ces mots, Gregor Thissen, CEO de Scabal, décrit la philosophie qui guide l’entreprise dans sa quête perpétuelle de perfection.
Cette attention du détail s’observe à tous les niveaux d’activité, qu’il s’agisse de la sélection des tissus les plus fins ou des relations quotidiennes avec les anciens ou nouveaux clients. Une bonne réputation se perd si les critères de qualité ne sont pas maintenus et améliorés. L’accent est dès lors mis sur le contrôle de la qualité. Pour garantir celle-ci, Scabal fait confiance aux personnes qui possèdent les connaissances, les compétences et l’enthousiasme de mise pour que qualité rime avec réalité.

LINO FANELLO,
CONTRÔLEUR DE LA QUALITÉ DES TISSUS
« L’efficacité et le bon fonctionnement des systèmes mis en place pour gérer le nombre important de tissus qui transitent par notre service sont primordiaux. Grâce à cette organisation, mon équipe et moi-même pouvons veiller à ce que les produits qui passent à la phase suivante satisfassent déjà aux critères de qualités stricts exigés par Scabal. »
Avec ses 37 années d’expérience et son équipe de 10 personnes, Lino dirige un domaine d’activité souvent méconnu des clients. Chaque année, pas moins de 10 000 rouleaux de tissu sont contrôlés par ses soins. Bien que cette tâche soit ardue sur le plan logistique et bureaucratique, elle est essentielle pour le contrôle de la qualité. La chasse aux imperfections est un rituel quotidien crucial afin de s’assurer que chaque tissu répond aux normes de Scabal. Bon nombre de tissus sont rejetés – la nature même de ce travail exigeant fait que les tissus sont soumis à un examen très minutieux. C’est là que Lino et son équipe appliquent les critères de qualité requis. La longue expérience et les connaissances approfondies de Lino sont très importantes dans le cadre de sa collaboration avec le département responsable de l’achat des tissus.

NORA KRAËMER,
ASSISTANTE AU DÉPARTEMENT DE CRÉATION DES TISSUS
« La possibilité de continuer à apprendre quotidiennement et de connaître ainsi toujours mieux tous les aspects du processus d’approvisionnement me place dans une position où je peux garantir, en toute confiance, que les critères de qualité définis par l’entreprise sont respectés, et si possible améliorés. »
Nora, qui est assistante acheteuse au département des tissus, est tous les jours en contact avec Lino. La chaîne ininterrompue du contrôle de la qualité s’étend jusqu’à l’approvisionnement en tissus de divers marchés, depuis la Russie jusqu’au Mexique. En tant que premier interlocuteur des sites de production, le service qualité ne se limite pas au choix, à la présentation, à la recommandation et à la livraison du meilleur tissu, il comprend également des relations polies et courtoises avec les partenaires commerciaux. Une approche organisée et spécialisée est essentielle pour gérer une gamme de plus de 5 000 tissus. Grâce à ses connaissances acquises au fil de sa longue expérience professionnelle, associées à sa maîtrise toujours plus grande des produits, Nora Kraëmer s’est retrouvée dans une position qui lui confère un rôle de premier plan dans l’ensemble du processus de contrôle de la qualité.

DANNY TERRIJN,
MAÎTRE TAILLEUR
« Certains clients ne sont pas conscients de l’ampleur du contrôle de la qualité inhérent à la confection de leur nouveau costume. Mais en ce qui me concerne, j’apprécie beaucoup ma participation au processus aboutissant au produit fini et ma position qui me permet d’exercer une influence directe sur la satisfaction de notre clientèle. »
Employé depuis 19 ans chez Scabal et fort de 37 années d’expérience dans le monde de la confection, Danny possède des connaissances inestimables. Maître tailleur au sein de l’entreprise, il entretient souvent des relations directes avec des clients du monde entier. Même s’il doit parfois jongler avec différentes langues et cultures, Danny conserve toujours la même philosophie : chaque costume est une pièce unique et sa qualité doit être digne de la marque Scabal.
À Bruxelles, le maître tailleur veille à ce que les normes strictes de qualité soient appliquées lors de la finition générale du vêtement, ce qui englobe la doublure, les boutons et les fils, avant que les produits finis ne soient distribués à l’étranger, dans des pays tels que le Royaume-Uni ou le Canada. Si un léger ajustement s’avère nécessaire, Danny est sur place pour s’assurer que le travail est bien fait. Danny adore les interactions dans ses activités et adhère sans hésiter au principe selon lequel « la qualité est reine ».

NADIA DROYERS,
DÉVELOPPEMENT DU SUR-MESURE &
ROXANE VAN MALDEGEM,
DÉVELOPPEMENT DES PRODUITS
« Nous apprécions toutes deux la diversité de nos activités et les défis qu’elles posent, ainsi que la possibilité de transmettre notre savoir-faire à d’autres personnes, aussi bien ici qu’à l’étranger. Étant donné que nous faisons partie de l’équipe du contrôle de la qualité et que nous sommes chacune responsables d’une gamme différente de produits, nous sommes pleinement conscientes de l’importance que le maintien de normes de qualité exigeantes revêt afin d’obtenir des articles haut de gamme. » Alors que Nadia est en charge du développement du sur-mesure et que Roxane s’occupe du développement des produits, elles veillent toutes deux à ce que leurs activités soient conformes aux critères de qualité stricts. Les deux femmes organisent des séminaires internes sur la façon de mesurer un vêtement et rendent visite aux détaillants Scabal du monde entier afin de leur prodiguer des conseils. Elles s’assurent ainsi que les normes établies par l’entreprise sont respectées. Nadia s’occupe principalement de la collection Scabal N° 12 – des costumes confectionnés à la main selon des méthodes traditionnelles. Sa mission consiste à répondre aux questions quotidiennes relatives à la coupe, à l’expertise et aux modèles. Elle dirige une équipe en charge de l’analyse et du traitement de chaque commande de sur-mesure émanant de clients du monde entier – ce travail est essentiel pour s’assurer qu’un costume sied parfaitement à son acheteur. Roxane joue quant à elle un rôle similaire de gardienne de la qualité pour les vêtements confectionnés dans l’usine allemande de Scabal. Elle se rend régulièrement sur le site de production afin d’exercer un contrôle rigoureux de la qualité.

Dans toute entreprise où la qualité est primordiale, il est vital de veiller à ce que les personnes et les systèmes soient bien en place pour garantir la qualité. Sur le plan individuel, ces personnes accomplissent des tâches diverses et possèdent un savoir-faire, des connaissances et une expérience différents, mais c’est le mélange de toutes ces caractéristiques, concrétisé par le travail d’équipe, qui permet au processus de bien fonctionner. Les clients sont ainsi certains d’obtenir des articles qui ont passé avec succès les nombreux tests de qualité stricts imposés par l’entreprise tout le long du cycle de production.

Comme le dit Gregor Thissen : « Les connaissances, le savoir-faire et l’enthousiasme des personnes en charge du contrôle de la qualité chez Scabal, ainsi que leur capacité à interagir et à travailler en équipe, garantissent que les normes de qualité très strictes propres à notre marque sont maintenues et, si possible, améliorées. »

Qu’il en soit ainsi encore longtemps.

Stephen Papandropoulos

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DU MOUTON AU MAGASIN

Le secret bien gardé de Scabal

Un article de la nouvelle collection Scabal se distingue par son luxe pur et son exclusivité : la Treasure Box.

La Treasure Box de Scabal

Du fil de platine
Chaque entreprise a ses secrets. Chez Scabal, l’un des mieux gardés concerne la méthode permettant d’associer du fil à des métaux précieux afin de créer des tissus rayés prestigieux pour la confection de costumes. Le secret de ce procédé est jalousement gardé… et propre à Scabal. Le fil doré de Scabal a fait son apparition sur le marché en 2000, avec une collection 22 carats baptisée Gold Treasure. Scabal a désormais placé la barre encore plus haut : grâce à des techniques de pointe, l’entreprise marie le fil et le platine, un métal encore plus dur et plus précieux que l’or (voir encadré). Cette avancée, qui allie artisanat et technologie de pointe, est une autre « grande première » de Scabal.

Élégance, et non extravagance
Mais qui porte des costumes faits d’or ou de platine, surtout en ces temps difficiles ? « Nous visons le look ‘gentleman’ », explique J. Peter Thissen, président de Scabal, « en utilisant les matériaux les plus nobles pour créer des produits exclusifs. Notre collection de métaux précieux n’est pas extravagante, mais élégante. Il s’agit d’un tissu exceptionnel pour les occasions spéciales. Les grandes marques se doivent toujours de stimuler le marché grâce à de nouvelles idées. C’est le rôle des leaders, même en temps de crise. La Treasure Box de Scabal est un article spécial, une édition limitée unique qui s’adresse aux plus grands tailleurs et détaillants du monde, ainsi qu’à leur clientèle. »

Quinze tissus précieux
La Treasure Box de Scabal contient une collection de 15 tissus Super 150’s somptueux dans lesquels des métaux précieux sont incorporés : trois nouveaux tissus avec des rayures de platine, trois autres qui présentent une alternance de rayures de platine et d’or 24 carats, sept des meilleures ventes de la gamme Gold Treasure 22 carats et deux nouvelles étoffes avec des rayures plus vives et plus larges en or 24 carats. Les coloris de ces tissus sont le bleu foncé, différentes nuances de gris et le noir, qui mettent en évidence le chatoiement noble de l’or et du platine. Tous les tissus sont créés par Scabal et produits dans le berceau de l’industrie textile anglaise. « Nous avons introduit la Treasure Box récemment », précise J. Peter Thissen. « Nous n’observons pas de variations saisonnières des ventes, même si la demande connaît un pic en fin d’année, période de fêtes propice aux cadeaux ».

Défi technique
La fabrication de fil métallique est un processus laborieux. Le fil est en réalité constitué d’un noyau de coton entouré de métal décoratif. Le métal doit donc être souple et malléable, mais aussi assez résistant pour être tissé. La tension du tissage est l’élément clé. Si elle est trop faible, le fil ne restera pas droit quand il sera tissé ; si elle est trop forte, le fil se rompra. Le fil décoratif est introduit à une tension différente de celle de l’étoffe, ce qui accroît la difficulté – obtenir le bon équilibre de tension avec le platine n’a pas été chose aisée.

Pierres précieuses Les fils de métaux précieux contenus dans la Treasure Box contrastent avec les tissus agrémentés de pierres précieuses de Scabal : Diamond Chip et Lapis Lazuli. Dans ce cas-ci, les pierres sont broyées et incorporées à la laine. Elles confèrent ainsi un éclat luxueux au tissu. Diamond Chip est un tissu Super 150’s qui contient 20% de soie mélangée à des fragments de diamant avant le filage de la laine. La célèbre étoffe Lapis Lazuli est une gamme exclusive de Scabal en laine 150’s extrafine qui propose 14 motifs bleu sur bleu. Des particules microscopiques de cette pierre précieuse, vénérée pour sa beauté et ses vertus thérapeutiques depuis plus de 6 000 ans, sont disséminées de façon régulière à la main en fin de tissage. Elles sont capturées par les fibres étirées, de sorte que l’étoffe revêt une nuance bleue douce et harmonieuse. Si vous êtes à la recherche d’un costume vraiment exclusif pour une occasion très spéciale, la Treasure Box est peut-être la solution. En outre, comme le cours des métaux précieux repart à la hausse, ce costume pourrait être un investissement de grande classe…

Nigel Bishop

Platine
Le platine, qui coûte plus de 1 300 $ par once troy, est plus précieux que l’or et l’argent. Sa teinte argentée brillante ainsi que sa grande malléabilité et son importante résistance à l’usure en font un matériau idéal pour l’orfèvrerie, en plus de ses applications industrielles allant de l’électronique de précision à la dentisterie. Le platine est très rare, mais apparemment abondant sur la lune, ce qui explique pourquoi on le retrouve en plus forte concentration sur les sites d’impacts de météorites sur notre planète.

Or Symbole de luxe et étalon depuis près de 5 000 ans, l’or est le métal précieux qui a suscité le plus de convoitise et engendré le plus de conflits dans l’Histoire. Du point de vue de ses caractéristiques, il n’est pas seulement dense, souple et brillant, il est aussi le plus malléable et le plus ductile des métaux précieux connus. Un seul gramme d’or peut être battu pour former une feuille d’un mètre carré. D’où le potentiel extraordinaire de l’or pour l’orfèvrerie. L’Afrique du Sud est le premier producteur mondial d’or, tandis que l’Inde en est le plus grand consommateur. Le cours de l’or a récemment battu son propre record en atteignant la valeur de 1 068 $ par once troy.

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SCABAL À TRAVERS LE MONDE

QUAND LES ANCIENNES TRADITIONS SÉDUISENT LA JEUNE GÉNÉRATION

La nouvelle génération de tailleurs sur mesure crée les plus beaux costumes du monde avec précision et passion, comme en témoignent ces trois célèbres clients de Scabal.

L’offre du prêt-à-porter est aujourd’hui telle que les créateurs de costumes sur mesure sont parfois considérés comme une espèce en voie de disparition, des rescapés d’une époque révolue où les hommes prenaient régulièrement rendez-vous avec leur tailleur personnel pour voir les derniers tissus à la mode et confectionner leurs vêtements pour la saison à venir. Les temps ont peut être changé, mais certaines traditions ne se démodent jamais. Aujourd’hui, une jeune génération de tailleurs ayant tous été élevés « au pain et au veston », comme le précise l’un d’eux, exerce à son tour cet art séculaire. À l’instar de leurs pères et grands-pères qui ont pratiqué ce métier avant eux et qui sont entre-temps devenus leurs professeurs, les tailleurs de la jeune génération apprennent que l’avenir de la confection de costumes sur mesure est naturellement lié aux précieuses leçons tirées du passé.

CAMPS DE LUCA, PARIS, France
Nombreux sont les pères qui rêvent de voir leurs fils marcher dans leurs pas. Mais Charles de Luca, tailleur parisien de la troisième génération, n’a pas reçu d’emblée ce genre d’encouragement quand il a fait savoir à son père, le maître tailleur français Marc de Luca, ainsi qu’à son grand-père Mario de Luca, aujourd’hui décédé, qu’il voulait faire son entrée dans l’entreprise de confection familiale, Camps de Luca. Le nom de l’atelier est une contraction de Joseph Camps et Mario de Luca, deux maîtres tailleurs et amis qui en 1968, ont conclu un partenariat dont Mario de Luca est devenu l’unique dirigeant deux ans plus tard. « Depuis mon enfance, où je jouais à cache-cache dans l’atelier avec mon grand frère Julian, j’ai toujours été entouré de personnes qui gagnent leur vie en mesurant et coupant du tissu », explique Charles, 27 ans, désormais tailleur depuis près de cinq ans. « À l’âge de 16 ans, j’ai demandé à mon grand-père si je pouvais quitter l’école pour venir travailler avec lui. Mais la période n’était pas propice [pour le secteur], et je me suis lancé dans la restauration », ajoute-t-il.

Père et fils travaillant ensemble sur un patron

Camps de Luca est considéré comme l’un des meilleurs tailleurs français à Paris

Frustré par son métier de serveur – « je décrivais constamment les plats mais je ne les créais pas », dit-il – Charles a de nouveau pris son courage à deux mains et a demandé qu’on lui apprenne le métier de tailleur. Alors que son père hésitait, son grand-père, qui avait toujours le dernier mot dans la famille, est parvenu à le convaincre de prendre le jeune Charles sous son aile. « Au début il y avait des conflits, surtout parce que j’étais un peu prétentieux », se souvient Charles, qui a depuis cédé à la sagesse du grand tailleur qu’est son père. « Aujourd’hui, nous évoluons dans le même style car nous devons former un seul esprit. Il ne peut y avoir aucune rivalité entre deux esprits au sein d’une même entreprise. » Le père et le fils décrivent le « style parisien » de Camps de Luca comme un mélange anglo-italien. « La partie anglaise se situe dans la structure de la poitrine, nous travaillons beaucoup pour prononcer la forme du torse, mais d’une façon bien plus légère », explique Charles. « Ensuite, nous tentons de rendre les épaules un peu plus italiennes. L’épaule anglaise est très haute, très stricte et un peu lourde, tandis que l’épaule italienne est très douce, c’est pour cela que nous la préférons. » Toutefois, le père et le fils ont suivi un parcours différent pour arriver au même résultat. « Quand mon père et mon grand-père sont devenus tailleurs, ils travaillaient simplement en se fiant à leur intuition. Ils ont compris que dans ce métier, il fallait repérer les problèmes avec les yeux », explique Charles, qui reconnaît que cette stratégie ne suffit pas aujourd’hui. « Le problème, c’est qu’il faut parfois recourir aux mathématiques et à la géométrie pour tailler un beau costume. » Pour mieux comprendre la dynamique de confection des costumes, le jeune tailleur a suivi les conseils de son père et s’est inscrit à un cours de création de patrons, d’une durée de trois mois, à l’Académie internationale de Coupe de Paris. « J’apprends à présent comment prendre des mesures en trois dimensions sur les clients pour ensuite les reporter en deux dimensions sur le papier. Il faut retranscrire le travail théorique et les sentiments », explique Charles, qui précise que son père n’a pas toujours la patience requise pour enseigner ce genre de choses. « Ce n’est pas facile d’apprendre avec lui car il exige toujours que je sois le meilleur, ce qui est positif », dit-il. « Mais il est bien plus calme à présent. »

CAMPS DE LUCA :
Création : 1968
Génération : troisième
Employés : 20, dont 5 tailleurs
Costumes par semaine : de 4 à 5
www.camps-de-luca.fr

TAILOR KAMIYA, NAGOYA, JAPON
Shoichiro Kamiya n’a jamais douté qu’il deviendrait un jour tailleur, comme son père et son grand-père avant lui. « J’ai grandi en tant qu’héritier de cette entreprise », explique Shoichiro, le plus jeune tailleur de Tailor Kamiya, l’entreprise fondée par son grand-père il y a plus de soixante-dix ans et qui remporte aujourd’hui un très grand succès au Japon. Cependant, peu de fils seraient prêts à suivre littéralement le parcours de leur père comme Shoichiro l’a fait pour atteindre son objectif.

Shoichiro Kamiya au travail (à gauche) et Hiroyuki, son père, qui lui a permis d’apprendre le métier de tailleur à Londres

Par exemple, à sa sortie de l’Université Rikkyo de Tokyo, où il avait décroché un diplôme en économie – son père, le maître tailleur Hiroyuki Kamiya, avait quitté cette université avec le même diplôme 40 ans auparavant – Shoichiro a travaillé pour Onward Kashiyama, le plus grand fabricant et distributeur de vêtements au Japon. Par hasard, Hiroyuki avait travaillé dans le même groupe juste après avoir quitté l’université. « Comme moi, mon fils a travaillé pendant trois ans chez Kashiyama et comme moi, il a ensuite décidé qu’il voulait devenir tailleur », déclare Hiroyuki, en ajoutant qu’il ne s’était jamais senti plus fier que le jour où Shoichiro a annoncé qu’il voulait prendre sa succession. Pour garantir le succès du jeune Shoichiro, Hiroyuki a appelé un ami chez Kilgour, French & Stanbury à Londres, où il avait lui-même suivi son apprentissage, pour demander s’ils avaient pouvaient accueillir son fils. Ce n’était pas possible chez Kilgour, mais le tailleur de Savile Row a proposé un poste équivalent chez Gieves & Hawkes, de l’autre côté de la rue, où Shoichiro a été reçu par la famille.

« J’ai suivi une formation de coupeur chez Gieves & Hawkes l’année dernière », explique Shoichiro, en précisant que les coupeurs et tailleurs de G&H lui ont inculqué les rudiments de la confection anglaise. Comme on peut s’y attendre de la part de deux générations qui ont étudié la confection à Londres, les costumes de Tailor Kamiya présentent les mêmes épaules très étroites, la même poitrine large et la même forme profilée que les costumes anglais. Il était donc essentiel que Shoichiro fasse son apprentissage à la source. « Naturellement, j’ai été formé sur Savile Row et lorsque je suis rentré au Japon, j’ai adopté les patrons de Kilgour, French & Stanbury », explique Hiroyuki, qui a par la suite fait venir un des tailleurs britanniques de KF&S au Japon pour que sa propre équipe se familiarise avec le style anglais. Shoichiro, qui se forge désormais sa propre expérience, affirme que chaque étape a constitué un défi. « Rome n’a pas été bâtie en un jour, tout est encore compliqué pour moi », déclare le jeune tailleur, qui reconnaît qu’il a de la chance d’avoir un professeur aussi patient que son père. « Mon père n’est pas un homme si difficile que ça », insiste-t-il avec un sourire. Quoi qu’il en soit, Shoichiro espère pouvoir un jour marquer de son empreinte l’entreprise familiale, comme son père l’a fait en rejoignant l’entreprise en 1985. Après tout, c’est Hiroyuki qui a lancé la collection sur mesure appelée Roy Kamiya et qui a fait bâtir à Nagoya l’édifice de neuf étages où les tailleurs de costumes sur mesure et les détaillants travaillent désormais côte à côte. Bien qu’il ne s’attende pas à ce que la confection des costumes Tailor Kamiya se modifie un jour, Shoichiro imagine que le style finira par évoluer. « Chaque génération a une conception particulière des proportions et des goûts », note-t-il avant d’ajouter que le rêve de chaque étudiant est de « dépasser un jour son maître ».

TAILOR KAMIYA :
Création : 1937
Génération : troisième
Employés : 30, dont 15 tailleurs
Costumes par semaine : environ 10 costumes sur mesure
www.t-kamiya.co.jp

LA CORUNA, SAINT-DOMINGUE,
RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
Antonio Iglesias et son jeune frère Roberto n’étaient même pas nés lorsque leur oncle Santiago Iglesias a quitté son Pays basque espagnol natal pour accomplir un long périple jusqu’en République dominicaine, une île des Caraïbes où il a ouvert, en 1958, son propre atelier de tailleur qui porte le nom de sa ville natale adorée : La Coruna. Après la mort inopinée de leur père en 1970, les frères Iglesias ont rejoint leur oncle à Saint-Domingue, la capitale du pays, et ont travaillé pendant leur adolescence dans le minuscule atelier où Santiago se donnait beaucoup de peine à confectionner des vêtements sur la vieille machine à coudre Singer que sa mère, une modéliste prénommée Carmen, avait utilisée des années auparavant.

Antonio et Roberto confectionnant un costume dans leur atelier

Bien qu’Antonio, que ses amis appellent Tonito, ait obtenu par la suite un diplôme en économie et que Roberto ait fait des études de droit, la petite enseigne de leur oncle remportait depuis longtemps un succès inattendu. C’est à ce moment-là que les deux frères ont fait la connaissance des personnalités politiques et publiques les plus en vue de l’île, car la plupart d’entre elles faisaient confectionner leurs vêtements sur mesure à La Coruna depuis des années. « C’est pourquoi nous avons préféré rester ici après nos études universitaires, car nous sommes finalement tombés amoureux de ce métier », explique Antonio, qui a d’abord a été formé aux côtés de son oncle avant de décider de parfaire ses connaissances dans des écoles de Barcelone, Milan, Francfort et Paris. Par la suite, lorsque Roberto, qui a quatre ans de moins que son frère, a choisi de troquer son diplôme de droit contre une paire de ciseaux, Antonio lui a appris tout ce qu’il savait. « Ce n’est pas toujours une question d’argent ou de manque d’argent », affirme Antonio, qui a racheté la totalité de l’entreprise La Coruna avec Roberto quand leur oncle a pris sa retraite il y a deux ans. « Vous devez aimer ce métier et le faire bien pour que le client soit satisfait de votre travail », déclare-t-il. « Vous ne pouvez devenir tailleur que si les gens, votre clientèle, vous donnent leur bénédiction. » Les deux frères soulignent que les clients de La Coruna s’attendent aujourd’hui à des costumes de coupe classique qui leur vont comme une seconde peau. « Pour nous, l’élément le plus important est la coupe de départ », souligne Antonio, qui ajoute que la qualité du costume fini est toujours le reflet des talents du coupeur. Le fondateur de La Coruna, Santiago, n’était pas partisan d’une forme propre à l’entreprise, les frères Iglesias s’inscrivent dans cette tendance. Ils taillent plutôt leurs costumes en fonction du client – « pas trop amples, pas trop étroits », déclare Antonio, « mais toujours bien équilibrés. Aplomar (qui signifie ‘équilibre’ en espagnol) est le mot clé », souligne le tailleur, qui a appris à recourir davantage à ses yeux qu’aux chiffres. « Un tailleur qui n’équilibre pas ses costumes est un mauvais tailleur », conclut-il.

LA CORUNA :
Création : 1958
Génération : deuxième
Employés : 12, y compris Antonio et Roberto Iglesias qui taillent et cousent tous les costumes sur mesure
Costumes par semaine : de 10 à 12

William Kissel

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TOUTE LA DIFFÉRENCE EST LÀ

LES OUTILS DU BON TAILLEUR

D’innombrables variables doivent être prises en considération lors de la confection d’un vêtement sur mesure.

Afin d’organiser ces éléments de « personnalisation », Scabal a créé un kit esthétique et pratique.

Kit Scabal

Pas moins de neuf mois de développement ont été nécessaires pour concevoir et créer le Kit Scabal. Fabriquée entièrement à la main dans des ateliers français, cette boîte à trésors est le kit indispensable pour tout vendeur de vêtements personnalisés. Nous avons rencontré Céline Van Cauwelaert, assistante au département Marketing et Ventes, en charge du projet.

POINT DE VUE
Bespoken : Pourquoi avoir développé le « Kit Scabal » ?
Celine Van Cauwelaert : Nous voulions notamment moderniser notre outil de mesure afin de le rendre à la fois plus pratique et plus luxueux. La qualité de sa finition et de son modèle en fait un véritable ‘élément récurrent du sur-mesure’ que nos clients reconnaissent immédiatement dans leurs points de vente. C’est une création originale qui est en même temps très pratique. Par exemple, les doublures, les feutres et les boutons sont agencés d’une manière telle qu’il devient très simple de les sélectionner individuellement et de les placer sur le tissu choisi afin d’avoir un aperçu concret du costume fini.

Jérôme Stéfanski

Le kit du tailleur de Scabal

Contenu :
— Mètre ruban avec fourche en cuir
— Pelote à épingles avec sangle en cuir réglable
— Doublures
— Boutons
— Feutres
— Livre de patrons
— Tableau des mesures
— Tarif
— Bons de commande
— Manuel « Comment prendre les mesures »
— Notes repositionnables
— Crayon
(Ciseaux et craie non inclus)
Dimensions :
— 47 cm x 36 cm x 28 cm

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PASSÉ-PRÉSENT-FUTUR

DERNIÈRES NOUVELLES

Comme toujours, ça bouge chez Scabal. Bespoken vous offre une sélection des évènements les plus marquants…

HOMMAGE À DALI
Comme nous l’annoncions dans notre précédente édition, Scabal a monté une exposition internationale consacrée à l’artiste légendaire Salvador Dali, en collaboration avec les étudiants en confection sur mesure du London College of Fashion. L’exposition s’articule autour des 12 œuvres que Scabal a commandées à Dali en 1971 et qui reflètent sa vision du style vestimentaire de l’homme du XXIe siècle. L’évènement a été organisé au cours du second semestre de 2009, année qui a marqué le 20e anniversaire de la disparition de Dali. Des villes célèbres telles que Moscou, Saint-Pétersbourg, Barcelone, Salzbourg, Berlin, Bucarest et Tokyo ont accueilli l’exposition. dali.scabal.com

LE JEANS PAR SCABAL
Aujourd’hui, de plus en plus d’hommes portent une veste habillée sur un jean. Cette tendance n’a pas échappé à l’attention de Scabal, qui a dès lors décidé de créer sa propre marque de jeans. Un modèle slim à cinq poches est disponible en deux variantes. La première est en denim (coton, cachemire et lycra) et est disponible en bleu, gris et noir tandis que la seconde, de style « côtelé coton » (coton et lycra), existe en six coloris : beige, caramel, marron moyen, marron, chocolat, kaki et gris. Chaque jean porte sur la poche arrière droite une étiquette en tissu bleu rayé tiré de la collection « Flannel » de Scabal ainsi que le logo Scabal. www.scabal.com

SCABAL POUR BAUNAT
La marque Baunat propose des bijoux en diamant d’une qualité exceptionnelle, vendus uniquement sur Internet. Les créateurs talentueux et les meilleurs artisans de Belgique créent des pièces uniques d’une beauté éternelle. Chaque bijou est fabriqué à la main à l’aide des matériaux les plus précieux. Scabal a créé pour Baunat une collection exclusive de 50 cravates en « Diamond Chip », notre tissu qui contient de véritables fragments de diamant ! Les cravates seront proposées aux clients de Baunat, afin de leur dire « Merci » pour leur souci de personnalisation. www.baunat.com

PRETTY MAN
Le célèbre acteur américain Richard Gere était récemment à Chennai, en Inde, et n’a pas manqué de rendre visite à son tailleur préféré, Syed Bawkher. Syed Bawkher & Co. confectionne des vêtements de très grande qualité depuis plus de 90 ans et compte parmi ses clients des hommes d’affaires et des aristocrates du monde entier. Syed s’assure que tous les vêtements bénéficient du même niveau d’attention rigoureuse en limitant la production à 20 costumes par jour. Et bien entendu, il utilise les tissus les plus raffinés, fournis notamment par Scabal. www.syedbawkher.com

SCABAL MAKES A WISH
En 2009, Scabal n’a pas envoyé ses traditionnelles cartes de Nouvel An mais a présenté ses vœux par courriel, afin de réduire ses coûts d’impression. Scabal a fait don de l’argent ainsi économisé à la fondation Make-A-Wish. Une façon généreuse de commencer l’année… www.wish.org

SANTÉ !
Le dernier « decopack » de Scabal pour la saison printemps/été ne manque pas de fraîcheur ni de fantaisie. À quoi sert-il ? Il annonce avec style et originalité le retour des renforts de coude sur les vestes. Nos « manchons » apporteront une touche supplémentaire de plaisir à vos apéritifs entre amis pendant la belle saison. www.scabal.com

Jérôme Stéfanski

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TENDANCES AUTOMNE/HIVER 2010-2011

NOUVEAU MODÈLE : PLUS COLORÉ, PLUS DÉCONTRACTÉ

Aucun changement radical n’est annoncé, mais la collection hiver de Scabal est clairement placée sous le signe de la décontraction.

Comme le montre la collection hiver 2010, Scabal élargit son offre en matière de mode masculine décontractée. Cinq des huit nouveaux tissus hivernaux sont destinés aux vestes et pantalons, alors que le prêt-à-porter est marqué par une nouvelle ligne de « vestes légères », en plus des cardigans et des pulls.

La nouvelle façon de porter une veste
« La grande nouveauté de notre collection hiver est sans aucun doute la ligne de vestes légères », affirme Olivier Vander Slock, directeur du département Ventes & Collections de Scabal. « Le vêtement est léger et tombe naturellement, il ne comporte pas de doublure, ni d’entredoublure ou d’épaulettes. Vous avez l’impression de porter une chemise ».

Exclusif et personnalisé
« Nos vestes légères seront dans un premier temps présentées avec trois faux boutons et trois poches appliquées. Nous continuons à respecter les valeurs de Scabal : bien que le look soit décontracté, il reste très élégant et offre un sentiment d’exclusivité grâce à la personnalisation. L’acheteur peut choisir un tissu particulier pour les détails, par exemple une belle étoffe pour le dessous de col ou les renforts de coude. Avec Scabal, vous avez toujours le choix – nous n’offrons pas seulement du sur-mesure, mais proposons aussi la personnalisation. » Tableau d’humeur de la prochaine collection hiver de Scabal

Avec le retour annoncé des vestes, les pantalons sont un élément important de la nouvelle collection hiver de Scabal. Cette dernière comprend des modèles classiques, des jeans en cachemire-denim dans le style à cinq poches et des pantalons en velours côtelé et coton d’hiver qui se marient parfaitement avec les vestes légères et les lainages.

Hiver vert
Les coloris de l’automne prochain seront un peu plus vifs tandis que les tons verts font leur retour. La collection Scabal décline les coloris sur quatre thèmes : beige-marron et pourpre, bleu et Earl grey, nuances de vert et beige-crème marié au rouge foncé. La domination du style décontracté s’observe également dans la collection de tissus Scabal. Trois nouvelles lignes de vestes définissent un look élégant, décontracté, avec des motifs colorés : Finest Jacketings comprend une large gamme de dessins classiques indémodables (à chevrons, uni, à damier et à carreaux) en Super 120’s et cachemire, tandis que la ligne Colorado, en coton, possède un look sport et décontracté et que Gallery rassemble des tissus à carreaux originaux pour vestes.

Mélange subtil de carreaux
Avec ses 34 articles et un large mélange d’étoffes allant de la pure laine au Super 120’s avec cachemire, Gallery associe un choix coloré à une élégance décontractée. Sa gamme de carreaux va des minuscules carreaux Vichy en lilas-marron et rouge-beige au plaid et tartan marqué en marron et bleu. Trois nouvelles collections de tissus pour costumes sont présentées. Les armures de fond plus structurées et plus vives de St. James s’expriment sous la forme de carreaux fantaisie et de rayures élégantes dans une collection de 58 pièces en pure laine 320 g classique, Made in England.

Flanelle douce
La collection Flannel and Saxony propose cinq qualités différentes de flanelle douce d’hiver, allant d’un léger Super 130’s 290 g à un 360 g plus lourd à l’aspect très laineux et légèrement rugueux du Saxony. Enfin, Noble House comporte un Super 150’s avec 10% de twill de soie tissé en Angleterre qui confère un sentiment de luxe extrême et brille légèrement ainsi qu’une qualité 100% Super 150’s avec une armure en satin et de fines rayures sophistiquées.

Le confort de Corduroy
Côté pantalons, la nouvelle collection hiver de Scabal présente Centurion – une étoffe laine/polyester fabriquée en Angleterre, qui se décline en sergé lourd de 430 g et armure lisse classique de 320 g – et Corduroy. La gamme Corduroy comporte quatre qualités, en commençant par un coton finement nervuré de 300 g, très léger et doux comme du velours, proposé dans des nuances classiques et fantaisie. La seconde qualité vise le confort absolu, avec 2% de lycra ajoutés à du coton 390 g superfin, ce qui confère au tissu une certaine élasticité. Cette qualité est disponible dans des coloris plus riches et plus profonds tels que prune et bordeaux. La collection est complétée par une qualité de coton 380 g avec côtes plus larges et une étoffe 500 g très lourde avec des côtes larges dans des coloris classiques. « Nos modèles de tissus sont plus colorés que l’année dernière : nous avons des bleus plus vifs, des rouges allant du bordeaux au framboise, un retour des verts et une palette de couleurs plus large pour nos carreaux », explique Nora Kraëmer, assistante de Michael Day, créateur principal des tissus chez Scabal.

Nigel Bishop

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