ELLE FAIT LA DIFFÉRENCE
L’étiquette : la carte d’identité du costume
Chaque année, Scabal produit plus de 150 000 étiquettes tissées pour ses coupons. Quelles informations ces étiquettes communiquent-elles ? Où sont-elles fabriquées ? Pourquoi sont-elles si importantes ? Tant de questions... Qui pouvait mieux y répondre que le directeur administratif de Scabal, Maurice Gillet (40 ans de maison), et son bras droit, Marianne De Greef ?
Maurice Gillet est un homme organisé. Lorsque je le retrouve afin de l’interroger sur la fabrication des étiquettes Scabal, il me montre la définition du mot « étiquette » dans le dictionnaire : « Petit morceau de papier ou de plastique portant un dessin ou une inscription et fixé à un produit ou un objet ». Une définition sur mesure pour une étiquette Scabal !
L’ÉTIQUETTE SCABAL – FABRIQUÉE À PARTIR DE QUOI, OÙ ET AVEC QUOI ?
« Le rôle de l’étiquette est d’informer le consommateur sur le type de tissu utilisé afin de fabriquer son vêtement », explique Marianne De Greef. Jusqu’à quatre informations peuvent figurer sur chaque étiquette afin de décrire le tissu : la matière première à partir de laquelle il a été fabriqué (cachemire, soie, lin, coton), le nom de la collection (Summit, Gold Treasure, Diamond Chip, Lapis Lazuli), son origine (fabriqué en Angleterre) et le degré de finesse, par exemple Super 150’s, Super 180’s (lié à la qualité, à la longueur et à la finesse de la fibre de laine). Toutes les étiquettes sont en satin et viennent d’Europe, ce qui confirme l’allégation « fabriqué en Europe ». Les étiquettes sont cousues à l’intérieur de chaque vêtement fabriqué dans l’usine de Scabal à Saarbrücken, en Allemagne, et sont également envoyées à tout tailleur qui commande un tissu Scabal.
ENTRETIEN
Bespoken : Combien d’étiquettes différentes produisez-vous chaque année ? Maurice Gillet et Marianne De Greef : Chaque type d’étiquette est lié à sa collection. Nous concevons à peu près quinze nouvelles collections de tissus par saison. Par conséquent, nous produisons une trentaine de nouveaux modèles d’étiquettes par an. Au total, quelque 150 000 étiquettes sont fabriquées chaque année !
Qui dessine les étiquettes ?
Michael Day, le directeur du département Conception & Création de Scabal, et Nora Krämer, son assistante, nous expliquent ce qu’ils veulent en fonction des nouveaux tissus qu’ils ont créés. L’étiquette est ensuite conçue en tenant compte des caractéristiques du tissu et parfois de la couleur de la lisière. Tous ces éléments se combinent pour former un code couleur homogène et ainsi créer une unité harmonieuse et facilement identifiable.
Quels sont les principaux types d’étiquettes ?
Il existe deux grandes catégories qui se distinguent par leur format. Les étiquettes carrées bleues sont utilisées pour les tissus standard tandis que les grandes étiquettes rectangulaires sont réservées aux tissus d’exception tels que Summit, Diamond Chip (Super 150’s et soie avec éclats de diamant) ou Gold Treasure (Super 150’s et or 22 carats).
Comment les étiquettes ont-elles évolué ?
Les étiquettes ont connu plusieurs améliorations techniques, dans un souci de qualité. Aujourd’hui, elles sont toutes en satin. Elles sont prédécoupées et corrigées par laser afin de faciliter le travail du tailleur au moment de les coudre sur les vêtements. Il y a peu, nous avons lancé un nouveau projet dont le but est d’améliorer la présentation de nos étiquettes qui, jusqu’ici, étaient attachées au tissu envoyé au tailleur. Notre idée est de créer une brochure en papier de qualité supérieure, qui présentera l’étiquette et tous les détails relatifs au tissu et qui devrait pouvoir être offerte à nos clients dans le courant de l’année 2009.
Jérôme Stéfanski
« Toutes les étiquettes sont en satin. Elles sont prédécoupées et corrigées par laser afin de faciliter le travail du tailleur »
Étiquettes Scabal
DU MOUTON AU MAGASIN
Collection Scabal : Printemps/Été 2009
Bespoken s’est entretenu avec Michael Day, directeur du département Conception & Création de Scabal, au sujet de la collection Printemps/Été 2009. Coup d’œil sur les tissus et les motifs sur lesquels les hommes de goût du monde entier porteront leur choix cette saison.
TISSUS
Traditionnel ? Terne ? Poussiéreux ? Statique ? Pas du tout ! Des tendances fortes soufflent sur la crème de la mode masculine.
DEPENSER PLUS POUR UN LOOK PLUS SIMPLE
La tendance est claire. Comme les voitures, où chaque nouveau modèle est un peu plus luxueux que son prédécesseur, les vêtements décontractés de luxe pour hommes ne cessent de gagner en raffinement. Il y a quelques années, les hommes se seraient contentés d’une veste en laine-coton de bonne qualité – ils ne voulaient tout simplement pas investir dans des vêtements décontractés. Aujourd’hui, ils cherchent des mélanges luxueux, cachemire-soie par exemple. Ils veulent avoir l’air à la fois sophistiqué et décontracté, mais pas uniquement le week-end. « Parfois, nous précédons la tendance, parfois pas », admet Michael Day. « Mais cette fois, avec la présence de plus en plus marquée du luxe dans le segment des vêtements décontractés, nous sommes au cœur de la tendance. »
LE LUXE SE FAIT DÉCONTRACTÉ
« Scabal a commencé à améliorer ses collections décontractées il y a quelques saisons,», poursuit Michael Day, « lorsque nous avons sorti notre premier tissu cachemire-coton pour costumes et pantalons au printemps 2008. Les ventes ont été bonnes mais nous nous attendons à ce qu’elles soient encore meilleures en 2009. Nous sommes déjà en train de créer les collections Printemps/Été 2010, en mélangeant un coton superfin avec une fibre encore plus luxueuse que le cachemire ! Les vêtements décontractés sont devenus luxueux et aujourd’hui, le luxe, c’est justement d’avoir l’air décontracté. » Cette hausse de la qualité ne se limite pas aux vêtements d’été décontractés. Scabal a introduit de nouveaux motifs dans sa collection cachemire-velours (10% cachemire, 90% coton) pour la gamme Hiver 2008.
SIGNE DES TEMPS
Actuellement, dans de nombreux endroits du monde, la discrétion s’impose sur les marchés du luxe. Les voitures de sport rouges et jaunes se vendent moins vite, la préférence allant aux teintes discrètes. De même, en matière de vêtements, il semble que les gens préfèrent les signes extérieurs de richesse moins « tape-à-l’œil » en ces temps difficiles. La modestie et la discrétion sont de retour sur la scène de la mode.
« Il est certain que nous avons davantage de motifs semi-unis en 2009 et que la plupart de nos carreaux et rayures sont plus discrets », confirme Michael. « Notre nouvelle collection Lifestyle en est un exemple parfait. Avec 36 motifs de tissu pour costumes et différentes qualités de Super 120’s, 130’s et laine-soie, nous proposons un mélange de goûts qui reflète la diversité de la demande. Mais les motifs de 2009 ont un dénominateur commun : la sobriété. »
L’ÈRE DE LA DISCRÉTION
« Actuellement, les clients demandent des rayures plus rapprochées. Dans nos motifs classiques de tissu pour costumes, les rayures sont espacées d’un demi-centimètre environ alors qu’il y a quelques années, la plupart étaient distantes d’un centimètre. Prenez une collection grand public comme Eton, un tissu Super 130’s avec pas moins de 92 motifs en 2009, qui se décline en rayures et carreaux beaucoup plus discrets. Ou notre Mohair, où les tons doux, frais et unis dominent plus que jamais. Et quoi de mieux pour illustrer cette tendance que notre nouvelle collection Romance ? Cent pour cent cachemire peigné, en trente et un motifs, afin de répondre à la demande de qualité supérieure. Pour des costumes sophistiqués, mais avec des carreaux discrets et des couleurs romantiques et délicates. Rien d’ostentatoire. L’année 2009 se veut décontractée, confortable, douce et luxueuse, mais discrète. »
COUPE ET COULEURS
Comment les tissus seront-ils coupés en 2009 ? Olivier Vander Slock, directeur du département Ventes et Produits de Scabal, nous présente la nouvelle collection de costumes Scabal.
PLUS AJUSTÉ EN 2009
Les hommes se délestent de leurs kilos superflus dans les clubs de sport, et ils veulent que cela se voie. Les coupes ajustées resteront donc d’actualité lors de cette nouvelle saison. Les vestes sont plus courtes, avec une seule fente, une coupe plus ajustée et des revers plus étroits. Les manches sont plus étroites aussi, avec une emmanchure plus haute. La taille est aussi plus basse, ce qui accentue l’aspect élancé de la silhouette. Même les cravates ont perdu quelques centimètres en leur milieu. Ce style plus près du corps s’étend au pantalon, qui a une taille plus basse et des jambes plus étroites. Bref, un look plus jeune, plus net et plus dynamique pour les hommes bien habillés de 2009.
QUATRE THEMES
« La tendance aux mélanges – les mélanges de soie, de lin et de coton avec la laine, par exemple – confèrent une allure décontractée à la nouvelle collection », explique Olivier Vander Slock. « L’esprit est contemporain et confortable, avec un toucher léger et luxueux. Quatre thèmes principaux résument les ambiances de la collection Scabal : Sunny, Africa, Travel et Ocean. »
SUNNY
« Le thème le plus fort repose sur un look cool et urbain, avec du blanc, du gris, du bleu clair et du beige associés à un jaune ensoleillé et doux. Des chevrons délicats et des textures naturelles issues de la culture organique se marient à des tissus unis et légers. Il en résulte une modernité naturelle, avec un air cool et urbain. ».
AFRICA
« Le second thème s’inspire des contrastes de l’Afrique, avec des nuances sable claires et des tons d’un brun profond évoquant le bois. Les tissus sont nobles, doux et subtilement iridescents, avec la touche brute du lin tempérée par des mélanges de cachemire, de soie et de coton. Le tout respire le luxe décontracté – des costumes élégants avec une nouvelle touche bohème pour les hommes qui préfèrent un style original, plus personnel. »
TRAVEL
« La troisième ambiance associe le gris classique au vert et au lilas, avec une pointe de violet pour plus de modernité. Notre savoir-faire technique associe des fibres végétales à des cultures de pointe, afin de créer des motifs délicats et raffinés, ton sur ton ou dans des contrastes clairs obscurs. Ces tissus sont destinés aux hommes d’affaires qui veulent des costumes de qualité supérieure offrant un confort total en voyage. »
OCEAN
« Ce thème inspiré de la mer met à l’honneur le bleu rehaussé de touches d’orange et de blanc qui rappellent les coquillages que l’on trouve sur les plages. Sa base se compose de gabardines très nettes munies d’un fini, avec comme motifs, des rayures simples ou des dessins ton sur ton tout en subtilité. Chic et élégant, ce thème est une autre interprétation luxueuse du look décontracté, avec une référence optimiste au soleil de Californie. »
LES STARS DE LA COLLECTION PRINTEMPS/ÉTÉ
Lapis Lazuli : ce classique du segment supérieur rassemble une gamme de 14 motifs bleu sur bleu. Il illustre parfaitement la façon dont Scabal combine un savoir-faire technologique et une longue tradition de travail artisanal. Les hommes aiment et extraient le lapis-lazuli, une pierre bleue, depuis plus de 6 000 ans. Les rois et les chefs d’état de Mésopotamie, d’Égypte, de Perse, de Grèce et de Rome louaient ses vertus thérapeutiques – cette pierre était réputée améliorer la puissance sexuelle, l’immunité et les capacités intellectuelles. Scabal a mis au point une technique qui permet de filer des particules microscopiques de cette pierre semi-précieuse dans de la laine Super 150’s. La collection Lapis Lazuli possède ainsi un brillant naturel et un toucher luxueux unique. Pour les hommes en quête de qualité... et d’amour.
Acapulco : au sommet de la tendance au luxe dans la mode décontractée, Acapulco marie le lin à la douceur du cachemire et de la soie. Les coloris vont du blanc, du beige, du marron et du bleu pastel naturels au rose saumon et au gris. Les modèles de vestes à rayures, à carreaux et unis font d’Acapulco un choix chic et sophistiqué pour le week-end.
Collection mohair : en 2009, Scabal enrichit ses gammes Monterey Bay et Paloma Bay de deux nouvelles qualités de mohair. Cannes mêle le kid mohair au lin et à la soie tandis qu’un nouveau kid mohair 60%, « fabriqué en Angleterre », rend les costumes d’été encore plus raffinés. Les quatre gammes de la collection mohair sont agréables au toucher, confortables et légères – et respirent le luxe à l’état pur.
Nigel Bishop
Le « chic décontracté » selon Scabal
Collection « Lapis Lazuli »
Collection « Romance »
Les hommes se délestent de leurs kilos superflus dans les clubs de sport, et ils veulent que cela se voie. Les coupes ajustées resteront donc d’actualité lors de cette nouvelle saison.
SCABAL D’UNE MER A L’AUTRE
Sartoria Caprese à Capri
Compte tenu du thème nautique de cette édition de Bespoken, il nous a semblé logique de vous présenter Roberto Russo, client de Scabal et heureux propriétaire d’une boutique en bord de mer, sur l’île de Capri.
Imaginez-vous partant de la Via Acquaviva, à Capri. Vous passez sous la fameuse Tour de l’Horloge de la Piazza Umberto – le seul endroit au monde connu sous le simple nom de Piazzetta et le salon à ciel ouvert le plus accueillant dont vous puissiez rêver. Vous continuez et passez sous l’arche jusqu’à la Via Vittorio Emmanuele, puis vous tournez à gauche dans la Via Camarelle – vous avez ainsi parcouru quelques-unes des plus belles rues commerçantes au monde, mais vous êtes aussi passé devant 15 des 34 magasins de Roberto Russo. Mais, comme il le précise : « Ils ne nous appartiennent pas tous. » Citons notamment l’on ne peut plus exclusive Sartoria Caprese et son restaurant Edode, un mot grec qui signifie « portion de nourriture » : « Tout ce que nous servons provient de l’île. Les meilleurs aliments qu’elle a à offrir. Le meilleur poisson, le meilleur fromage, les meilleures pâtes », affirme Roberto Russo. La ville de Capri se niche sur les pentes douces de la colline qui sépare la Marina Grande au nord de l’Isola di Capri de la Marine Picola au sud. De la Via Camarelle, il suffit de parcourir quelques centaines de mètres pour rejoindre le front de mer.
PAS ASSEZ D’HEURES
Au moment de mon entretien avec Roberto Russo, la crise financière bat son plein. « Nous nous sommes développés très vite et c’est parfois compliqué. Les journées devraient avoir 48 heures. Peut-être que je ferais mieux de ne garder qu’une seule boutique ou de retourner à la ferme pour cultiver la terre et élever des poissons. Ou alors, je pourrais tenir mon propre « albergo ». Peut-être que c’est ce que je ferai dans ma prochaine vie. » Il est difficile de croire que ces paroles émanent d’un homme d’affaires affable et sympathique, surnommé non seulement « le gourou de la mode » et le « magnat de la vente au détail » de Capri mais aussi « le seigneur du tennis ». Né sous le signe de la vierge, il a le sens du détail tandis que son signe chinois, le chien, est synonyme d’excellence dans le domaine de la vente, comme le savent toutes les personnes du signe du chien. L’amour des beaux tissus Scabal coule dans ses veines, car il vient d’une famille de tisseurs de l’île, dont les métiers produisaient des soies et des laines de la plus belle qualité. Lorsque Monsieur Russo senior décéda, trop tôt, en 1983, Roberto, qui n’avait alors que 25 ans, hérita de la boutique de vêtements de luxe pour hommes et dames de son père. Il lui fallut quelques années pour atteindre sa vitesse de croisière mais une fois lancé, qui aurait pu arrêter ce grand jeune homme au crâne lisse, aux yeux sombres pleins de chaleur et au sourire engageant ?
FORTUNES FAMILIALES
La boutique que son père possédait en 1922 avait été fondée en 1868 et vendait à la fois des produits alimentaires et du tissu. Roberto Russo a d’abord bâti son empire de la mode mais il n’a pu s’empêcher, voici quatre ans, de faire l’acquisition d’un magasin d’alimentation afin d’y vendre : « Le meilleur jambon, le meilleur salami, le meilleur fromage ». Au terme d’une promenade nonchalante depuis leur yacht, ses très distingués clients se rendent souvent chez Sartoria Caprese pour voir leurs costumes prendre forme sous les mains de leur tailleur – Roberto envoie alors chercher une bouteille de vin et de la mozzarella de bufflonne dans son magasin. Sartoria Caprese est une boutique d’exception, aucun doute à ce sujet. C’est dans une chaleureuse ambiance d’atelier, entre des fenêtres teintées donnant sur la Piazzetta et entourées d’exquises antiquités italiennes, que les initiés ont rendez-vous avec leur tailleur. « Nous ne vendons que du sur-mesure, pour hommes et dames, entièrement fait à la main », explique Roberto Russo. « Cela ne représente peut-être que 5% de nos activités, mais c’est très important pour nous. Nos clients peuvent choisir parmi les meilleurs tissus du monde. Des tissus légers comme une plume. Ils ont l’impression de ne rien porter et pourtant, ils sont mieux habillés que jamais. C’est ça, le vrai luxe. »
Mais, même chez Sartoria Caprese, il est parfois difficile de servir un client. Roberto Russo se souvient de ce prince saoudien très important venu à la boutique en juillet 2007, entouré de gardes du corps, pour se faire faire un costume sur mesure. « Le seul problème, c’est qu’il pesait un certain poids : 185 kg. Lorsque nous mesurons la taille, normalement, nous utilisons un simple mètre ruban de couturier mais là, nous avions besoin d’un demi-mètre en plus. Nous avons utilisé deux mètres. »
PRO DU TENNIS
Lorsque Roberto Russo avait huit ans, les deux seuls sports praticables sur l’île étaient le football et le tennis. Lorsqu’il a repris le club de tennis en difficulté, qui avait fêté ses 70 ans d’existence, et a fondé la Capri Sport Academy en 2002, il ne soupçonnait pas que cinq ans plus tard, son équipe remporterait le championnat national d’Italie. À moins que... ? « J’ai simplement appliqué les règles des affaires du football au tennis », explique-t-il. « Pour réussir, il faut de la ténacité, de l’inspiration et du talent mais, par-dessus tout, des compétences en organisation et en gestion. » Il a également contribué, en tant que vice-président du Yacht Club Capri, au lancement de la Rolex Capri Sailing Week, qui attire des navigateurs du monde entier juste avant le début de la saison des régates en Méditerranée. Se considère-t-il lui-même comme un candidat lorsqu’il affirme que l’île a besoin d’un administrateur ? « J’espère avoir encore quelques belles années devant moi. Je suis enfant unique. Je suis marié et nous avons deux filles : Georgia, 15 ans, et Victoria, 11 ans. C’est une île parfaite pour grandir sans problème. Nous pouvons dormir les portes ouvertes, il n’y a pas de voitures, les enfants peuvent aller à l’école seuls. Au cours des 30 dernières années, l’île n’a réalisé qu’un dixième de son potentiel. Elle possède des ressources infinies : de l’histoire au tourisme, en passant par le tennis et la voile. Capri est connue dans le monde entier et le monde entier vient la visiter. » Tout a commencé avec les Phéniciens et les Grecs, puis les empereurs romains ont suivi : Auguste, qui a mis la main sur Capri en l’échangeant contre une autre île, et Tibère, qui y a fait construire douze villas. Deux millénaires plus tard, la liste des noms de personnages célèbres s’allonge à chaque génération : l’île a reçu la visite de la reine Victoria, d’Oscar Wilde, de Somerset Maugham, de Norman Douglas et de Thomas Mann, mais aussi de la chanteuse Gracie Fields, des actrices Sophia Loren et Gina Lollobrigida, d’Onassis et de Jackie, sans oublier Grace Kelly, Roberto Rossellini et Ingrid Bergman. Et aujourd’hui, combien de membres de la jet-set Roberto Russo compte-il parmi ses clients ? Roberto se contente de sourire. Les secrets de ses célèbres clients sont bien gardés.
www.russocapri.com/store.html
Joséphine Overeem
La côte de Capri
Roberto Russo
« Nous ne vendons que du sur-mesure, pour hommes et dames, entièrement fait à la main »
LE RÉSEAU SCABAL
Très joli, Madame !
Lorsque Julia Kristensen est arrivée à Bucarest il y a 13 ans, elle ne pensait pas qu’elle deviendrait la première « Scabaliste » de Roumanie. Cette cliente unique nous explique l’aventure de son entreprise.
Née de parents russes à Riga, en Lettonie (imaginez combien de langues elle parle), Julia Kristensen a conservé le nom de famille de son ex-époux danois. Au siège bruxellois de Scabal, tout le monde sait déjà que Stil European Impex est non seulement l’un des détaillants les plus productifs d’Europe mais aussi que Julia Kristensen ne peut s’empêcher de lancer un nouveau projet tous les deux ans. Comme l’explique Matthias Rollmann, directeur du département Produits Finis et responsable des ventes en Europe de l’Est : « Elle est phénoménale. Elle n’arrête pas de développer de nouvelles idées, avec une motivation et une force incroyables ! » Et elle ne se contente pas d’être une femme d’affaires puissante qui réussit : grâce à sa vision inspirée, elle a bâti seule un véritable empire de la vente au détail. Ce qui la rend unique, dans son pays mais aussi dans toute l’Europe, c’est qu’elle combine la générosité à une compréhension de la beauté et de la qualité ainsi qu’à un dynamisme commercial à toute épreuve.
ÉDUCATION DEMOCRATIQUE
Lorsqu’elle est arrivée en Roumanie, Julia Kristensen a découvert Scabal par l’intermédiaire d’un ami et a rapidement compris l’avenir du secteur du luxe. Rien d’étonnant, avec son esprit d’entreprise et son nez pour les affaires, qu’elle ait réagi rapidement après les événements de 1989 et bien avant que la Roumanie n’entre dans l’Union européenne. En ce qui concerne l’avenir de la jeune démocratie sur le Danube, elle se montre philosophe : « C’est un pays pauvre. Il subsiste un abîme entre les nantis qui composent ma clientèle – responsables politiques, hommes d’affaires, avocats, ingénieurs – et la majorité qui ne gagne pas encore bien sa vie. La démocratie n’est pas quelque chose qui vous est donné : le peuple doit en faire l’apprentissage par lui-même. »
« Les deux ou trois premières années avec Scabal m’ont servi de formation. Au début, j’ai passé beaucoup de temps au siège de Scabal à Bruxelles. Et une fois que j’ai maîtrisé les ficelles de la confection sur mesure de luxe, mes chiffres ont doublé pendant les six années qui ont suivi. Ces quatre dernières années, nous avons connu une progression de 30%. » Le dernier projet en date de Julia Kristensen a été la vente de sa villa de la Calea Victoriei, qu’elle avait achetée il y a deux ans afin d’y héberger ses activités en collaboration avec Scabal, et l’achat, pour 5 millions d’euros, d’une splendide villa du 19e siècle dans le quartier des affaires du boulevard Lascar Catargiu. Avec l’aide de l’architecte et décoratrice d’intérieur italienne Elena Busato, Julia Kristensen a investi un autre million d’euros et a ouvert son point de vente en septembre 2008 – afin de présenter l’intégralité de la collection Scabal aux deux premiers étages mais aussi de proposer d’autres marques et produits de luxe en vue de stimuler encore davantage son chiffre d’affaires. Par ailleurs, la récente ouverture d’un bar à champagne et caviar sur place offre un cadre discret et élégant parfait pour les réunions d’affaires. Il sera bientôt complété par un studio de création à l’étage, pour des conseils complets en matière de style de vie luxueux. Elena Busato se charge de la conception des projets tandis que Julia Kristensen fait ce qu’elle aime tant et réussit si bien : assurer le volet commercial. Elle pense que le moment viendra « ... où les gens, en Roumanie, ne se contenteront plus d’acheter des vêtements beaux et chers mais voudront transformer leurs maisons de la même manière ». Les deux femmes se sont découvert cette passion commune lors de la rénovation et se sont associées depuis.
UN SERVICE DE GRANDE MESURE Julia s’occupe personnellement de ses 300 clients sur mesure et grande mesure. Mario Arcuri, responsable technique du département Prêt-à-porter et Produits spéciaux chez Scabal, qui se rend à Bucarest deux fois par an, se souvient d’une anecdote des débuts : « Une personnalité très importante est venue dans sa boutique, accompagnée de gardes du corps. J’ai présenté la collection et les différentes qualités disponibles : ce costume pour le travail, celui-ci pour le théâtre, celui-là pour le week-end, ce manteau léger pour la ville, celui-là pour la campagne... À la fin, il y avait 40 vêtements sur la table et j’attendais qu’il fasse son choix. Il m’a regardé et a dit : ‘Da’, ce qui veut dire ‘oui’. J’ai regardé Julia, debout derrière lui. Elle a vu que je n’en revenais pas et m’a adressé un clin d’œil, l’air de dire ‘C’est comme ça que ça se passe ici’. Il y avait au moins cinq ou six costumes... ». Julia Kristensen nous raconte une autre histoire, à propos de l’un de ses meilleurs clients, l’un des hommes les plus riches de Roumanie. « Je lui ai dit : ‘Que puis-je faire pour vous faire plaisir ? C’est difficile de vous donner envie de quoi que ce soit : vous n’êtes pas décidé à acheter.’ Alors, quand je vais voir les défilés à Milan, c’est-à-dire plusieurs fois par an, et que j’entends parler de chaussures en crocodile fabriquées à la main à seulement 800 exemplaires dans le monde, je lui en ramène. Ça, il aime. » Julia Kristensen est tout aussi passionnée lorsqu’il s’agit de faire l’éducation de ses clients plutôt traditionnels. À la livraison de leur commande, elle fait quelques suggestions sur la meilleure manière d’accessoiriser le vêtement. « C’est le travail d’un personal shopper, mais je le fais gracieusement. Les clients s’ouvrent aux suggestions et plus tard, ils font des choix plus branchés. »
Joséphine Overeem
L’impressionnante boutique Casa Frumoasa, qui était à l’origine le consulat du Luxembourg à Bucarest
Julia Kristensen
« ces quatre dernières années, nous avons connu une progression de 30% »
TENDANCES DE L’AUTOMNE/HIVER 2009-2010
Des tissus, modèles et tons luxueux par centaines
Les collections saisonnières de Scabal ne sont pas comme les réveillons du Nouvel An – pas question de dire adieu au vieux pour faire place au neuf. Nous dirions plutôt que les collections évoluent, riches de centaines de tissus, modèles et tons luxueux.
De nouvelles gammes apparaissent – et d’autres disparaissent – afin de répondre aux tendances de la mode, aux changements de comportement des clients ou encore aux innovations techniques dans le domaine des tissus et des procédés de fabrication. Mais l’objectif reste le même : proposer une collection qui offre aux personnes du monde entier soucieuses de leur tenue le choix personnalisé et la qualité qu’elles attendent. Michael Day, qui conçoit les tissus Scabal, a choisi six nouvelles gammes et nous a expliqué comment celles-ci vont enrichir la collection Automne/Hiver 2009/2010 de Scabal : « Mandarin est un tissu pour costumes en laine et soie doux et luxueux, pour l’hiver. Ce mélange léger est un grand classique estival mais l’augmentation de la demande – et la tendance générale aux hivers plus doux – nous a incités à créer une ligne pour l’hiver. Essentials est une nouvelle collection qui propose de la belle laine douce Super 150’s pour la confection de vestes. Composées en partie de cachemire, les laines aussi fines que celle-ci ne sont habituellement pas disponibles pour les vestes. C’est du luxe à l’état pur. Toison d’Or est une nouvelle laine pour costume Super 150’s de qualité supérieure. Nous avons créé quelques motifs semi-fantaisie, visibles de près mais discrets de loin. Une très belle qualité avec un motif subtil. »
« L’hiver prochain, Scabal revient aux pardessus en laine avec une nouvelle gamme de Super 100’s et de tissus cachemire. Nous observons un retour des manteaux sur mesure ; du moins, chez Scabal. Avec les costumes plus ajustés d’aujourd’hui, les hommes veulent à nouveau des manteaux plus près du corps... et disent adieu aux anoraks ! Nous avons également une gamme de tissus pur coton pour pantalons, que nous avons appelée Ascona. Il s’agit d’un coton d’hiver épais pour un look décontracté. La majorité des 33 références de la gamme est unie. Nous avons en outre intégré quelques coloris tendance, tels que l’orange et le violet. Le résultat est très décontracté et confortable, le genre de vêtement que les hommes portent avec un pull. Triple A est une valeur sûre de Scabal que nous remettons à l’honneur avec une nouvelle collection. Il s’agit d’une laine Super 120’s semi-classique. Autrefois, avant l’arrivée des ‘Supers’, la laine était estampillée A, AA ou AAA. Cette laine est de la meilleure qualité qui soit, c’est pourquoi nous l’appelons Triple A. Voilà pour l’essentiel des nouvelles gammes de notre future collection Automne/Hiver. Comme les produits existants qu’elles accompagnent, je pense qu’elles restent toutes fidèles aux valeurs bien connues de Scabal : qualité, connaissance du métier et sens du détail. »
Nigel Bishop
Triple A : le retour dans une nouvelle collection d’une valeur sûre de chez Scabal
« Les collections saisonnières de Scabal ne sont pas comme les réveillons du Nouvel An – pas question de dire adieu au vieux pour faire place au neuf. Nous parlerions plutôt de collections classiques qui évoluent... »
PASSÉ-PRÉSENT-FUTUR
Inspiration Dali
Bespoken est fier de vous présenter en avant-première un important projet dirigé par Scabal et The London College of Fashion et inspiré des tableaux de Salvador Dali.
De nombreuses icônes ont émaillé le 20e siècle et lorsque nous nous tournons vers le monde de l’art, le peintre espagnol Salvador Dali s’impose comme méritant une reconnaissance particulière. Ses créations uniques et souvent étranges révèlent une imagination et un style qui ont laissé une impression profonde sur le monde et qui continuent à en influencer plus d’un aujourd’hui.
DALI ET SCABAL
En 1971, Scabal a demandé à l’artiste de dessiner sa vision de l’homme et de la mode au 21e siècle. Les résultats, issus de son approche si personnelle, qui se distinguait pour beaucoup par ses costumes à la coupe superbe créant un personnage presque dandyesque, sont devenus la source d’inspiration d’une collection de tissus lancée par Scabal en 2004. Ces tissus étaient une interprétation directe de chaque peinture et, s’ils peuvent sembler classiques à un œil distrait, leur inspection rapprochée révèle des détails, coloris, motifs et rayures irrégulières qui les distinguent du reste de la collection classique. Scabal a délibérément utilisé ces tissus d’une manière plus extravagante que d’ordinaire, mais sans sortir de sa mission d’adaptation et d’interprétation des créations de Dali. Il en a résulté une gamme de tissus unique et très appréciée, qui respecte la qualité et le style associés aux tissus Scabal.
UNE NOUVELLE INTERPRÉTATION
Nous sommes désormais entrés dans le 21e siècle et le lien qui unit Scabal et Dali a lui aussi évolué. Poursuivant sa quête de nouvelles inspirations pour de futurs modèles de tissus, Scabal a entamé un partenariat avec le London College of Fashion. Cette relation a été initiée afin d’offrir aux étudiants et au personnel de l’école la possibilité de travailler à une interprétation des tableaux de Dali à travers une variété de supports. Scabal et le London College of Fashion ont tenu à développer ce projet en recourant à trois autres disciplines complémentaires du département de confection grande mesure. Par conséquent, le projet fait aussi une place à l’habillement masculin, au théâtre et à l’impression numérique. Au nom de Scabal, Neil Hart, directeur des ventes, a déclaré : « Scabal est enchantée de travailler en partenariat avec le London College of Fashion sur le projet Dali et est impatiente de découvrir le travail fini faisant appel à ses tissus dans une série de disciplines nouvelles et variées. » Quelque 20 étudiants et membres du personnel impliqués dans les quatre disciplines ont la possibilité d’utiliser des tissus de la collection Scabal dans leur travail. Ils sont libres de les utiliser afin de créer et de développer des concepts qui respectent les valeurs fondamentales, en s’inspirant des tableaux de Dali. La liberté de création a été l’un des aspects essentiels et des moteurs qui ont incité le London College of Fashion à s’impliquer dans le projet. Dali lui-même se délectait de pouvoir s’exprimer sans retenue dans tous les domaines de sa vie et c’est ce que tous les étudiants et professeurs ont été activement encouragés à faire dans leur travail. Alan Cannon-Jones, directeur des programmes, confection et technologie au London College of Fashion, explique : « Nous avons invité nos meilleurs étudiants à travailler sur ce projet qui implique qu’ils créent des vêtements basés sur les douze dessins originaux de Dali. Nous leur avons demandé d’être aussi créatifs et imaginatifs que l’était Dali, c’est-à-dire sans aucune limite ! »
Les réalisations des étudiants dans toutes les disciplines devraient être prêtes au début de l’année 2009. Des discussions sont en cours en vue d’une exposition des pièces dans le hall d’exposition du London College of Fashion à Oxford Circus dans le courant de l’année. En outre, il est possible que ces œuvres soient présentées sur divers marchés internationaux, ce qui permettrait aux visiteurs de découvrir l’inspiration issue de l’association de Salvador Dali avec Scabal et du travail du London College of Fashion. Ne manquez pas le prochain numéro de Bespoken, dans lequel nous vous présenterons les douze œuvres en exclusivité... Stephen Papandropoulos
Le projet Dali, supervisé par le professeur Alan Cannon-Jones
Nous sommes désormais entrés dans le 21e siècle et le lien qui unit Scabal et Dali a lui aussi évolué.
DERNIÈRES OUVERTURES
SCABAL A BOMBAY
Scabal propose désormais sa gamme de prêt-à-porter et d’accessoires en Inde, en exclusivité chez Kings à Bombay. Un département Scabal distinct, inspiré du magasin phare de Savile Row, y a été créé afin de présenter les tissus Scabal. Scabal est présent en Inde depuis de nombreuses années. L’ouverture d’autres « boutiques dans la boutique » est prévue dans des villes majeures du pays.
KINGS
Meghdoot 197, Linking road
Bandra, Bombay
Inde
T. +91 26422882-5886
SCABAL AU PREMIUM GROUP DE KARSTADT
À la suite du succès rencontré par la boutique du magasin phare de Karstadt au KaDeWe de Berlin, qui a été inaugurée voici bientôt trois ans, Scabal s’est maintenant installée à Munich. Obberpollinger, le magasin du Premium Group, a fait l’objet d’une rénovation somptueuse et accueille les plus grands noms de la mode masculine et féminine. Avec son espace sur mesure unique, qui rappelle celui du magasin phare de Savile Row, Scabal marie un style contemporain et une tradition sur mesure.
Oberpollinger
Neuhauser Strasse, 18
80331 Munich
Allemagne
T. +49(0)89 290 240 40
SCABAL A JAKARTA
Scabal est ravie d’annoncer la récente ouverture de sa boutique de Jakarta, en collaboration avec ses partenaires indonésiens d’Alta Moda. Le point de vente se trouve dans l’un des centres commerciaux les plus prestigieux de Jakarta, One Pacific Place, et s’inspire lui aussi du magasin de Scabal de Savile Row.
Alta Moda Boutique
One Pacific Place Mall Unit 1-52
Jl. Jend. Sudirman Kav 52-53, (SCBD) Kebayoran
Baru
Jakarta Selatan
Indonésie
T. +62 21 51402787-89